J'en ai marre.
Marre que chaque nouvelle minute à se faire chier à inspirer l'intangible de ce bas monde, chaque nouveau battement de coeur machinal, chaque nouveau renouvellement de cycle sanguin en mes putains de veines comporte son petit assault acide et spécifique vis à vis de mon psychisme.
Là, je sonne comme un enculeur de mouches (pour reprendre une expression toute faite, je n'en assume donc aucunement les répercussions sur vos âmes sensibles, l'image n'émanant pas directement de moi ; NON je n'ai pas de tendances mécoptéroidophile, ni l'intention de tromper ma dulcinée un jour). Le genre de fils de camarade-bourgeois-camarade-fils-à-papa (encore du réchauffé, pourtant LE MICRO-ONDES TUE) dont les larmes montent aux yeux quand il s'indigne de la fiante qu'un moineau vient de lâcher sur son pare-brise impresquable.
Y a-t-il un âge de la vie auquel l'homme n'est pas con ? On tend à retenir de l'enfance cette aura de pureté et à se remémorer avec nostalgie ces jours heureux continuellement baignés par le sacro-saint halo de lumière céleste, bénie par un dieu inventé, d'une insouciance pour trop de gens synonyme de bonheur. Ca, c'est quand on est blasé de la vie à un point tel qu'on est au final bien emmerdé, puisque l'on regrette un passé fixe aux dépens d'un présent malléable à volonté : certes, l'âme d'enfant dispose de cette petite étincelle créative et spontanée qu'il serait ou mort ou bête de renier, et le génie, c'est de réussir à conserver cette petite étincelle présente dans l'âme d'enfant à l'âge adulte. Mais ceci mis à part, un enfant, c'est bête, car encore à dompter : ça ne connait encore rien aux valeurs fondammentales de la vie en société, et c'est irrespectueux au point d'en insulter les homosexuels - chose totalement impopulaire par les temps qui courent et donc par la force des choses, objectivement grave.
Ô dieu sarcasme.
En résumé, un enfant, c'est brillant, le problème c'est que ça confond tout avec n'importe quoi.
Ensuite vient l'adolescence, période de la vie presque toujours haïe et caricaturée, car tout à fait haïssable et caricaturable. Période pendant laquelle les hommes se cherchent dans des repères grossiers et se perdent souvent dans des considérations bien basses qu'ils conserveront hélas à l'âge adulte. On est anti-tout-ce-qu'il-fait-bien-d'être-contre au point de ne pas savoir de quoi on parle histoire de se donner de la contenance, voir parfois de museler son libre arbitre (et ça c'est grave), et on s'autoproclame unique et différent, de la même manière que 99% de nos contemporains. En gros l'adolescence c'est l'âge où on meurt, c'est le cas d'une immense majorité de gens, au sens religieux du terme : ils perdent tout esprit. Mais bon, la religion, selon ce que j'en pense ça n'est pas une référence dans l'interprétation et l'application qu'il en est faite de nos jours...
S'ensuit la période estudiantine, peut-être la pire de toutes parce que l'on est encore adolescent, mais on se croit adulte. Je hais les étudiants ; parce que la majorité passée et sortis du cadre classique du lycée, tous, absolument tous ne se sentent plus péter, pensent être en train de s'affirmer en tant qu'individus à part entière alors que si jusqu'ici ils se sont senti réprimés c'est faute de n'avoir jamais voulu regarder la vie en face - et maintenant qu'ils n'ont pas le choix, ils s'en targuent. Bande de faux culs. Les étudiants, ce sont des adolescents snobs ; toujours aussi cons, mais en essayant d'être dignes. Le combo qui tue. Au lieu d'aller dans des boums ou de faire du skate (faut pas se voiler la face, ça y est, c'est complètement récupéré en tant que marque indentitaire teenage mais bon, on peut rien y faire et au final c'est marrant à voir), on sort en boîte ou on se défonce pitoyablement la gueule comme de pauvres connards une fois par semaine chez Jean-Arthur, J.A. pour les intimes, parce qu'on est des rebelles mais des vrais, des subtils, des intellectuels (après tout, Baudelaire buvait) ; enfin, au lieu d'écouter Offspring, on écoute Pink Floyd, c'est moins élémentaire, plus recherché, un peu comme nous quoi vois-tu... En tant qu'étudiant je ne fais absolument pas exception à la règle (sauf en ce qui concerne le skate et la non-défonce, quoiqu'en ce dernier point il est davantage question d'intelligence que d'âge, effectivement les deux ne vont pas de pair). Ce texte en est d'ailleurs la preuve, je pète plus haut que mon cul et j'emmerde les autres via un style d'écriture faussement sophistiqué, mais que voulez-vous, j'observe, je dissèque et j'analyse, du même trône intouchable que tous les autres pseudo intellectuels. J'aimerai vous dire que je plaisante.
Enfin on atteint l'âge adulte. En mes yeux le meilleur, parce que dès lors on vit sa vie à soi autrement que par procuration, avec les responsabilités qui vont avec. Car ces responsabilités auparavant tant critiquées, pour ne pas dire rejetées, il s'agit tout de même du B-A-BA de l'indépendance, de la prise de contrôle sur son existence, et de la vie en société ; sans responsabilités, dans le monde d'aujourd'hui, la société serait incohérente et non fonctionelle. Le souci c'est que bien souvent, arrivé à un tel stade de la vie, on en a oublié leur sens (à ceci près qu'on l'ait un jour saisi) et leur aspect bénéfique avec la blase de nos vingt ans ; du coup on se concentre uniquement sur leur aspect néfaste et écrasant, et on regrette l'insouciance passée en faisant impasse sur le bonheur qui se présente à nous.
Tout ça pour dire que les gens font n'importe quoi, ne savent pas vivre (dans le sens 'apprécier la vie pour ce qu'elle est', pas 'faire les bonnes choses pour en profiter au maximum', je persiste à penser qu'il est possible d'être heureux sans ustensile aucun; les paradis artificiels au hasard), cherchent le bonheur où il n'est pas, et quand il s'agit de personnes auxquelles que vous aimez, c'est brise-coeur.
J'emmerde le monde, il me rend dingue.
Délire cauchemardesque, vision d'horreur, folie générale et apocalypse anachronique.
ENCORE MERDE
Le bonheur ça n'est pas la fuite.
Le bonheur ça n'est pas ce plat insipide que ce que les gens vous foutent sous les yeux sur un plateau d'argent et sous une cloche en diamant à consommer de préférence avant les autres. Préférez-y encore un repas à votre fast-food préféré, ou une boîte de gâteaux, une bonne vieille pizza, ce qui vous chante.
Que des artifices qui ne vous mèneront nulle part, qui vous égarerons jusqu'à ce que vous ne puissiez plus trouver votre chemin. Faites abstraction de tout comme si vous étiez seul au monde avec les êtres que vous aimez, et écoutez votre volonté profonde, pas vos envies capricieuses.
Le bonheur n'est nulle part ailleurs qu'EN VOUS.
Cherchez bien, et prenez-vous en main.